L'INP
de Lorraine résulte de la fédération, en 1971,
de cinq écoles elles-mêmes nées de l'interaction entre
le milieu universitaire nancéien et un milieu industriel en développement
extrêmement rapide.
Ces cinq écoles sont issues des Instituts de la Faculté des
Sciences de Nancy créés au cours des trente ans qui ont précédé la
première guerre mondiale ou immédiatement après. Dès
cette époque, ces instituts sont largement financés par les
autorités locales, régionales et industrielles.
C'est ainsi que :
- l'Institut Chimique de Nancy, créé en 1887, deviendra
ENSIC en 1947,
- l'École de Brasserie et de Malterie est créée
en 1892, celle de Laiterie en 1905, celle d'Agronomie en 1910. Elles
fusionneront en 1970 pour devenir l'ENSAIA,
- l'Institut Électrotechnique de Nancy fondé en 1900 s'adjoint
en 1905 une section de mécanique et devient en 1947 l'ENSEM,
- l'Institut de Géologie Appliquée créé en
1908 deviendra, en 1947, l'École Nationale Supérieure de
Géologie Appliquée et de Prospective minière,
- enfin, en 1918, est créé l'Institut Métallurgique
et Minier qui deviendra en 1947, l'École Nationale Supérieure
de la Métallurgie et des Mines.
Ce retour dans l'histoire de l'INPL ne serait pas complet
si l'on ne rappelait quelques dates essentielles de la
création même de l'Université de
Pont à Mousson en 1572. Les quelques éléments ci-après
sont tirés d'un chapitre collectif intitulé " Les Sciences
Exactes " dirigé par notre collègue Jean-Louis GREFFE,
dans l'Encyclopédie Illustrée de la Lorraine aux Editions
Serpenoise.
C'est sous l'autorité du Vatican que le 5 décembre 1572 fut érigée
l'Université de Pont à Mousson avec 4 facultés dénommées " Faculté de
Théologie Catholique, Faculté de Philosophie ou des Arts,
Faculté de Droit, Faculté de Médecine ".
C'est le 3 août 1768 que l'Université de Pont à Mousson
fut transférée à Nancy. Elle comptait alors environ
400 étudiants. La révolution de 1789 et en particulier l'Assemblée
Constituante provoqua alors de nombreux bouleversements et une redistribution
des facultés entre les grandes villes universitaires.
En 1854 fut créée la Faculté des Sciences de Nancy,
en même temps que l'Académie de Nancy et la nomination du
premier recteur. Il m'a paru intéressant de rappeler, à une époque
où l'on parle beaucoup de professionnalisation des formations, ce
que disait GODRON, premier doyen de la Faculté des Sciences : "Les
facultés des sciences n'ont plus aujourd'hui pour but exclusif de
développer des connaissances théoriques, mais encore d'enseigner
avec soin les applications de ces connaissances aux diverses industries
de la Région ; elles ont pour mission de former des hommes instruits
mais en outre de donner au pays des citoyens utiles".
A noter qu'en 1881, 523 étudiants étaient inscrits à Nancy,
dont 68 à la Faculté des Sciences. La création en
1896 d'un statut juridique des Universités permet de rassembler
localement les facultés, de leur donner davantage d'autonomie, mais
une disposition générale indiquait que les étudiants
des facultés ne pouvaient être admis dans les Ecoles Spéciales
d'Application. C'est cette règle qui fut à l'origine de la
création à Nancy, d'Instituts d'Application au sein même
de la Faculté des Sciences.
La création de ces Instituts accompagnée d'efforts immobiliers
importants était supportée par l'État, le Département,
la Ville et des fondations privées (Solvay…), ce qui n'est
pas sans rappeler les répartitions des soutiens financiers aux Universités
d'aujourd'hui. Pour certains Instituts, on parlait même de " prodigalité inouïe " à la
vue des " vastes laboratoires construits ". Quand on écoute
certains avis critiques sur le développement, en ce début
de XXIème siècle, de certains projets nancéiens, on
constatera sûrement que l'histoire, en tous cas celle des Universités,
est en perpétuel recommencement.
L'entre deux des guerres mondiales voit la consolidation à Nancy
d'une infrastructure universitaire en sciences de tout premier plan. La
symbiose entre Faculté des Sciences et Institut Technique favorise
l'émergence de recherches et de découvertes d'audience
internationale.
L'après seconde guerre mondiale se caractérise par un développement
universitaire poussé par la forte demande étudiante et conduisant à la
révolte et aux événements de 1968.
Le Ministre Edgar Faure est amené à concevoir la loi d'orientation
de l'enseignement supérieur qui stipule, dans son article 6, la
possibilité de créer plusieurs universités dans chaque
académie, afin de lutter contre le gigantisme de certaines universités
et d'équilibrer leur répartition sur le territoire national.
C'est ainsi que se constituèrent l'INPL, les Universités
de Nancy 1 et Nancy 2, et l'Université de Metz.
C'est donc en 1971 que se trouve créé, en même temps
que les 2 autres INP de TOULOUSE et GRENOBLE, l'INP de NANCY qui, en quelques
années s'appropriera le nom d'INP de Lorraine.
C'est à partir de 1986, suite à la mise en place de la nouvelle
loi sur l'Enseignement Supérieur (loi de 1984) que l'Institut va
de nouveau évoluer. Devenant statutairement un Établissement
analogue et doté des mêmes droits que les Universités,
il doit répondre à une croissance des effectifs liés
aux besoins de formation d'ingénieurs en recherchant une diversification.
En complément d'une croissance des admissions dans les 5 Écoles
fondatrices, c'est ainsi qu'est créée l'EEIGM en 1991, et
que, sur les fondations de l'UFR GSI créée dès 1985,
l'ENSGSI inscrit ses premiers élèves-ingénieurs
en 1993.
Vous découvrez aujourd'hui, pour commémorer ces 30 ans d'histoire
de l'INPL, et environ 100 ans de création des Ecoles qui le constituent,
une image d'Épinal créée spécialement par
Antonio GACIA
(voir
cette image).
La volonté de
l'INPL est bien d'inscrire toute son action pédagogique ou scientifique
dans une démarche de participation au développement de progrès
technologiques respectant l'avenir de l'homme et de notre terre.
Dans
la datation des faits qui jalonnent l'histoire de l'Université de
Nancy, et particulièrement de l'INPL, il reste, peut-être,
encore à marquer son présent et son futur proche.
Aussi, je propose aujourd'hui que l'on retienne deux faits
récents dont l'importance dépendra de ce que
nous (…vous surtout) en ferons et de ce que les prochains
historiens de l'université en retiendront :
- le projet ARTEM-Nancy concernant au premier plan l'École des
Mines, l'Institut Commercial et l'Ecole des Arts, dont l'idée
pourra être datée lors de son inscription au Contrat de
Plan État-Région, projet que j'ai eu la longue et intéressante
mission de faire adopter par notre Etablissement, sera, j'en suis convaincu,
un acte fondamental d'évolution pour les 3 Ecoles concernées
mais aussi pour notre Institut, en relation avec les 2 Universités
de Nancy,
- la création du label " Universités de Nancy ",
fruit d'une concertation entre les 3 Universités, et dont j'espère
vraiment qu'il sera le cadre et le creuset de réflexions et de
projets d'avenir, en date de juillet 2001, sera aussi, si vous le voulez,
un acte fort destiné à asseoir le rayonnement international
des formations universitaires et de la recherche nancéiennes. • |